Pleurer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
X e siècle, plorer ; XII e siècle, pleurer . Issu du latin plorare, « crier, se lamenter, gémir ».
I. V. intr. Verser des larmes sous l'effet d'une douleur physique ou morale, d'une émotion violente, etc. Pleurer amèrement. Pleurer en silence. Pleurer pour un rien. Qu'avez-vous à
II. V. tr.
1. Répandre, verser, laisser couler. Pleurer des larmes amères,
2. Déplorer un évènement douloureux, en être profondément attristé. Pleurer la perte de ses amis. Pleurer la mort d'un proche. Par méton. Pleurer quelqu'un, s'affliger de sa mort. Il a été pleuré de tous. Expr. fig. On ne l'a pleuré que d'un œil, il n'a été regretté qu'en apparence et pour la forme. Litt. Regretter ce que l'on n'a plus. Pleurer ses jeunes années . Pleurer un amour perdu. Dans le langage de la piété. Pleurer ses péchés, ses fautes, en concevoir un grand remords.
3. Fig. et fam. Se plaindre sans cesse de quelque chose. Ne s'emploie guère que dans les locutions Pleurer famine,
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Répandre des larmes. "Pleurer amèrement. Pleurer à chaudes larmes. Pleurer à volonté. Qu'avez-vous à
"Pleurer sur quelqu'un," Déplorer ses fautes, ses égarements, ses malheurs, sa perte. JÉSUS- CHRIST "disait aux femmes de Jérusalem : " Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. " Il pleure sur son fils coupable et malheureux. Il pleure sur sa patrie captive et désolée."
Fam. et en parlant d'une Femme, "Pleurer comme une Madeleine," Pleurer abondamment.
Fam., "Pleurer comme un veau," Pleurer de façon excessive et ridicule.
Fig. et fam., "Pleurer pour avoir quelque chose," Avoir du mal à l'obtenir. "On dirait qu'il a pleuré pour avoir un habit, un chapeau, etc.," se dit de Quelqu'un qui a un vêtement trop court, un chapeau de qualité médiocre, etc.
Fig., "Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour
Prov. et fig., "Il pleure d'un oeil et rit de l'autre" se dit de Quelqu'un qui rit et pleure tout à la fois, comme incertain entre deux sentiments opposés.
"Les yeux lui pleurent, ses yeux pleurent" se dit en parlant d'une Personne qui a un écoulement de larmes déterminé par quelque cause physique.
"La vigne pleure" se dit Lorsqu'il dégoutte de l'eau de son bois, après qu'elle a été fraîchement taillée.
PLEURER est aussi transitif et signifie Regretter, déplorer quelque chose, s'en affliger. "Pleurer la perte de ses amis. Pleurer son malheur, ses malheurs. Pleurer la mort de son père, de sa mère."
"Pleurer quelqu'un," Pleurer sa perte, sa mort. "Pleurer son père. Pleurer sa mère. Il ne se passe pas de jour qu'il ne pleure sa femme, son fils, son ami. Il a été pleuré de tous ses amis."
"Pleurer un péché, ses péchés,
"Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang," On ne saurait trop le
Fig. et fam., "Pleurer sa peine," L'épargner, en être avare.
Fig. et fam., "Ne
Fig., "Il pleure le pain qu'il mange" se dit d'un Avare qui a regret à ce qu'il mange, qui lésine sur sa propre nourriture.
Pop., "C'est un pleure-pain, un pleure-misère," C'est un avare qui se plaint toujours de sa misère.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Répandre des larmes.
CORN.: « Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau »
CORN.: « Je cherche le silence et la nuit pour
LA ROCHEFOUCAULD: « On pleure pour être plaint ; on pleure pour avoir la réputation d'être tendre ; on pleure pour être pleuré ; enfin on pleure pour éviter la honte de ne
SACI: « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés ! »
SÉV.: « Je les relis [vos lettres] .... je ne puis pas seulement approcher des premières lignes sans
SÉV.: « Il est vrai qu'il y a des pensées et des paroles qui sont étranges ; mais rien n'est dangereux quand on pleure »
SÉV.: « Mais que ces retours sont doux, et qu'on a quelquefois de plaisir à
BOURSAULT: « J'apprenais à
RAC.: « Et les plus malheureux osent
RAC.: « Tout Israël périt : pleurez, mes tristes yeux »
RAC.: « Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide »
RAC.: « Tel qui rit vendredi dimanche
LA BRUY.: « On n'a pas dans le coeur de quoi toujours
LA BRUY.: « Les enfants rient et pleurent facilement »
LA BRUY.: « D'où vient que l'on rit librement au théâtre, et que l'on a honte d'y
VOLT.: « Vous avez je ne sais quelle inclination fatale pour la comédie larmoyante, qui abrégera mes jours ; je ne vous en aime pas moins ; mais je pleure dans ma retraite, quand je songe que vous aimez à
DIDER.: « L'abbé Galiani m'a beaucoup déplu, à moi, en confessant qu'il n'avait jamais pleuré de sa vie, et que la perte de son père, de ses frères, de ses soeurs, de ses maîtresses ne lui avait pas coûté une larme »
DELILLE: « L'homme pleure, et voilà son plus beau privilége »
A. CHÉN.: « Pleurez, doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés, Oiseaux chers à Thétys, doux alcyons, pleurez »
MILLEVOYE: « Mais si, d'un long crêpe voilée, Mon amante dans la vallée Venait
LAMART.: « Mais pourquoi m'entraîner vers ces scènes passées ? Laissons le vent gémir et le flot murmurer ; Revenez, revenez, ô mes tristes pensées ; Je veux rêver et non
LAMART.: « Elle a dormi quinze ans dans sa couche d'argile, Et rien ne pleure plus sur son dernier asile »
Pleurer de, avec un substantif.
CORN.: « Je reconnais Néarque, et j'en pleure de joie »
LA FONT.: « Le loup déjà se forge une félicité Qui le fait
MONTESQ.: « Annibal, qui pleura de douleur en cédant aux Romains cette terre où il les avait tant de fois vaincus »
Pleurer de, avec un verbe à l'infinitif.
DELILLE: « Alexandre pleura de n'avoir point d'Homère »
Pleurer sur, déplorer.
BOURDAL.: « Il [Jésus] les avertit [les femmes de Jérusalem] de
ROLLIN: « [Monime] pleurant sur cette malheureuse beauté qui, au lieu d'un mari, lui avait donné un maître »
DIDER.: « C'est une espèce d'Héraclite chrétien, toujours prêt à
Pleurer comme un enfant,
SCARR.: « Mais enfin, me remettant devant les yeux ce que je devais à son père et à son frère, je n'eus recours qu'à mes larmes : je pleurai comme un enfant »
Pleurer comme une Madeleine,
Familièrement. Pleurer comme un veau, comme une vache,
RÉGNIER: « Pétrarque... En eût de marrison [de chagrin] pleuré comme une vache »
DANCOURT: « Depuis, pour l'amour d'elle, il pleure comme un veau »
On dirait qu'il a pleuré pour avoir un habit, un chapeau, etc. se dit d'un homme qui a un habit écourté, un chapeau trop petit.
Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour
Il pleure d'un oeil et rit de l'autre, se dit d'un homme incertain entre deux sentiments opposés.
LA BRUY.: « Il pleure d'un oeil et il rit de l'autre »
Jean qui pleure et Jean qui rit, homme qui se laisse aller aux sentiments les plus opposés d'un instant à l'autre ; c'est le titre d'un poëme de Voltaire, où l'auteur montre qu'il y a dans le monde de quoi se réjouir et de quoi s'affliger.
2 S. m. Le
DESC.: « En quoi consiste le rire et le
LA FONT.: « En cet endroit où il [Homère] fait
3 Pleurer se dit des larmes provoquées par quelque chose d'âcre. Les yeux pleurent quand on pèle de l'oignon, quand on est exposé à la fumée.
Les yeux lui pleurent, ses yeux pleurent, se dit de quelqu'un qui a une incommodité qui fait que les larmes coulent sans cesse de l'oeil.
4 Il se dit du cerf.
LA FONT.: « La meute en fait curée : il lui fut inutile De
5 La vigne pleure, il dégoutte de l'eau de son bois.
6 Poétiquement. Se dit du saule pleureur dont les branches semblent
V. HUGO: « Là des saules pensifs qui pleurent sur la rive »
7 V. a. Pleurer quelqu'un, s'affliger de la perte, de la mort, du malheur de quelqu'un.
SACI: « Cherchez avec soin et faites venir les femmes qui pleurent les morts, envoyez à celles qui y sont les plus habiles »
SÉV.: « Mme de Bersillac est à l'agonie.... elle est mal pleurée ; le père et le mari voudraient qu'elle fût déjà sous terre »
BOSSUET: « Et vous, messieurs, eussiez-vous pensé, pendant qu'elle versait tant de larmes en ce lieu [pendant l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, sa mère], qu'elle dût sitôt vous y rassembler pour la
LA BRUY.: « Il perd son fils unique.... il remet sur d'autres le soin de le
MONTESQ.: « Il faut
MONTESQ.: « Drusille, à qui il [Caligula] accorda les honneurs divins, étant morte, c'était un crime de la
LAMART.: « Ceux qui l'ont méconnu
Familièrement. On ne l'a pleuré que d'un oeil, il n'a été regretté qu'en apparence.
8 Il se dit des choses regrettées.
MALH.: « Pleure mon infortune, et pour ta récompense Jamais autre douleur ne te fasse
RAC.: « Elle pleure en secret le mépris de ses charmes »
HAMILT.: « Ma mère pleura la profession que j'avais quittée »
MASS.: « Nous avons pleuré nos plaisirs injustes, et de nouveaux plaisirs ont un moment après essuyé nos larmes »
Mme DE CAYLUS: « Revenant tout à coup à elle, elle [Mme de la Vallière, à la mort de son fils] dit à ce prélat [qui la consolait] : c'est trop
MONTESQ.: « La mère et la femme de Darius ne pleurèrent-elles pas la mort d'Alexandre ? »
CHATEAUBR.: « Ces mystérieuses relations de l'infortune remplirent mes yeux de larmes ; il y a de la douceur à
LAMART.: « Soit qu'il naisse ou qu'il meure, Il faut que l'homme pleure Ou l'exil ou l'adieu »
Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang, en larmes de sang, c'est-à-dire il devrait causer la plus vive douleur.
Pleurer ses péchés, ses fautes, s'affliger profondément de les avoir commis.
BOSSUET: « En déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires, une meilleure réflexion nous apprend à déplorer celles qui ont perdu notre éternité, avec cette singulière consolation qu'on les répare quand on les pleure »
BOURDAL.: « Si, dans le moment que vous pleurez votre péché, vous n'en voulez pas retrancher l'occasion »
MASS.: « Les crimes que vous viendrez
Dans le langage biblique,
SACI: « Laissez-moi [la fille de Jephté] sur les montagnes pendant deux mois, afin que je pleure ma virginité avec mes compagnes »
9 Familièrement. Il pleure le pain qu'il mange, se dit d'un avare qui regrette la nourriture qu'il prend.
10 Pleurer une larme, verser quelques larmes.
RÉGNIER: « Son oeil tout pénitent ne pleure qu'eau bénite »
SÉV.: « Vous auriez peut-être pleuré une petite larme, puisque j'en ai pleuré plus de vingt »
SÉV.: « J'ai vu Briolle, qui m'a fait
A. DE MUSSET: « Larmes du coeur, par le coeur dévorées, Et que les yeux qui les avaient pleurées Ne reconnaîtront plus demain »
11 Se
FÉN.: « J'avoue que je me suis pleuré en pleurant un ami qui faisait la douceur de ma vie, et dont la privation se fait sentir à tout moment »
LAMART.: « Les poëtes ont dit qu'avant sa dernière heure En sons harmonieux le doux cygne se pleure »
HISTORIQUE
XIème siècle
St Alexis, LXXXI: E tantes lermes pur le ton cors pluredes [pleurées]
Ch. de Rol. LX: Ne peut muer que des ieuz il ne plurt
ib. CXXX: Il nus [nous] plurrunt [pleureront] de doel et de pitié
ib. CLXXIV: [Ils] Plurent lor filz, lor freres, lor neveus
XIIème siècle
Couci, VI: Quant de moi [elle] rit, et je l'ai tant plorée
ib. XVI: Si que souvent [je] chant là où de cuer [je] plor
ib. XXIV: Chascun pleure sa terre et son païs, Quant il se part de ses coraus amis
ib. VI: Je ne m'en sai venger fors au plorer
Sax. XXII: Là plorerent pour eus maint prince et maint baron
Th. le mart. 36: Ne jamais n'iert [ne sera] qui pes entre vus dous [le roi et l'archevêque] aturt, Ne jamais n'iert uns jurs saint iglise n'en plurt
Bat. d'Aleschans, v. 3029: Tex [tel] rit au main [matin] au vespre plorera
XIIIème siècle
VILLEH.: « Et sachiés que mainte larme i ot plourée au departir de lor pays, et de lors gens et de lor amis »
Berte III: Et sa mere en commence de la joie à plourer
BAUDOUIN DE CONDÉ: « Cius [celui-là] est amés pour sa prouece, Et honorés pour sa largece, Cil ne pleure pas les despens »
XIVème siècle
Girart de Ross. v. 4127: Plorer doivent li femme ; li homme avoir doleur Ne doivent qu'en leurs cuers, s'il n'ont en eulx foleur
ORESME: « Simplement à parler, il ne plaist pas à tel homme de grant courage que les autres pleurent de ses infortunes »
XVème siècle
VILLON: « S'elles n'ayment que pour argent, On ne les ayme que pour l'heure ; Rondement ayment toute gent, Et rient lors que bourse pleure »
Perceforest, t. v, f° 47: Celluy est fol qui pleure ainçois [avant] qu'il soit battu
XVIème siècle
DU BELLAY: « Je ne puis continuer plus longuement ce propos sans larmes, je dy les plus vrayes larmes que je pleuray jamais »
MONT.: « Quand Timoleon pleure le meurtre qu'il avoit commis, il ne pleure pas le tyran »
MONT.: « J'aimais à me parer quand j'estois cadet.... et me seoit bien ; il en est sur qui les belles robbes pleurent »
DESPER.: « Il ne faut point
COTGRAVE: « Assez peult plourer qui n'a qui l'appaise »
COTGRAVE: « À coeur dolent l'oeil pleure »
DESPORTES: « Faites de vostre erreur maintenant penitence ; Mais, pour la bien
ÉTYMOLOGIE
Wallon, ploré ; génev.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Répandre des larmes. "Pleurer amèrement. Pleurer à chaudes larmes. Elle ne fait que
"Pleurer sur quelqu'un," Déplorer ses fautes, ses égarements, ses malheurs. JÉSUS-CHRIST "disait aux femmes de Jérusalem: Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. Il pleure sur son fils coupable et malheureux. Il pleure sur sa patrie captive et désolée."
Fam., "Pleurer comme un veau," Pleurer immodérément.
Prov. et fig., "On dirait qu'il a pleuré pour avoir des manchettes, pour avoir un habit, un chapeau, etc.," se dit D'un homme qui a des manchettes mesquines, trop petites, qui a un habit écourté, un petit chapeau quand la mode est d'en avoir un grand, etc.
Prov., "Il ne lui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour
Prov. et fig., "Il pleure d'un oeil et rit de l'autre," se dit De quelqu'un qui rit et pleure tout à la fois, et comme incertain entre deux sentiments opposes.
"Les yeux lui pleurent, ses yeux pleurent," se dit en parlant D'une personne qui a quelque sérosité qui lui coule des yeux.
"La vigne pleure," se dit Lorsqu'il dégoutte de l'eau de son bois, après qu'elle a été fraîchement taillée.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
est aussi actif. "Pleurer la perte de ses amis. Pleurer son malheur, ses malheurs. Pleurer la mort de son père, de sa mère."
"Pleurer quelqu'un," Pleurer sa perte, sa mort. "Pleurer son père. Pleurer sa mère. Il ne se passe pas de jour qu'il ne pleure sa femme, son fils, son ami."
"Pleurer ses péchés,
"Ce malheur devrait être pleuré avec des larmes de sang, en larmes de sang," On ne saurait trop le
Fig. et fam., "On ne l'a pleuré que d'un oeil," Il n'a été regretté qu'en apparence et pour la forme.
Fam., "Il pleure le pain qu'il mange," se dit D'un avare qui a regret à ce qu'il mange, qui se plaint sa nourriture.
Pop., "C'est un pleure-pain, un pleure-misère," C'est un avare qui se plaint toujours de sa misère.
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
PLEUREUR, EûSE, s. m. et f. PLEUREUX, EûSE, adj. ["Pleu-ré", "reur", "reû-ze", "reû", "reû-ze:" 2e "é" fer. au 1er, lon. aux trois dern.] "Pleurer", répandre des larmes. '"Pleurer" amèrement. 'Elle ne fait que "pleurer". 'On "pleure de" joie comme "de" tristesse. On "pleure de" colère, "de" dépit. 'La fumée fait "pleurer", etc. = "Pleurer", actif, régit ordinairement les chôses: on dit, "
"Pleurer", neutre, régit le datif. Les yeux "lui pleurent", se dit d'un homme qui a quelque sérosité qui lui distile des yeux de tems en tems. = "Fig." on dit que la vigne "pleure", quand elle est fraîchement tâillée, et qu'il en dégoute de l'eau.
On dit, "proverbialement", d'un avâre, qu' il "pleure le pain qu'il mange".
- Et, "populairement", quand quelqu'un a un chapeau, ou quelque chôse de pareil, qui est trop grand, qu'il "a pleuré pour l'avoir". = "Pleurer comme une vache", ou "comme un veau", se dit aussi en style prov. par reproche à quelqu'un, qui pleure pour une chôse qui n'en vaut pas la peine.
"Pleureur" et "Pleureux" ont le même sens, l'un comme substantif, l'autre comme adjectif. Qui pleure facilement, et pour peu de chôse: c'est "un" grand "pleureur", "une" grande "pleureûse". Avoir l'air, le ton, les yeux "pleureux"; la mine "pleureûse". Le 1er se dit des persones mêmes; le 2d, des chôses qui ont raport à la persone. = Quelques-uns disent, "pleurard", "pleurarde". BOILEAU a dit "pleurant": trop "pleurant" Artamène. Il emploie ce mot pour se moquer du style de Cyrus, Roman de Mlle. "Scuderi".
- "Trév." dit, des yeux "pleurans", d'un oeil "pleurant"; et au "fig." des arbres "pleurans".
PLEUREûSES, étaient, chez les Romains, des femmes qu'on louait pour
Emplacement dans le dictionnaire :
| pleurable pleurage pleural pleurant pleurard pleuré pleure | pleure-misère pleure-pain pleuresie pleurésie pleurétique pleuretique | pleureur pleureuses pleurite pleurnicher pleurnicherie pleurnicheur pleuronecte |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)...ne valent pour la nommer le nom qu'elle tient de sa marraine nom qui m'êtes courtois échanson de loyal heur, en ma chanson, las, faudra-t-il toujours vous taire ! ô doux nom si gracieux, qui faites pleurer mes yeux quand ma bouche vous profère. PÈL. PAS., ÉTREN. DOULCE, II Je suis le guerrier qui taille à grands coups d'épée dans la bataille ; son oeil est clair et son bras prompt à férir. Hélas ! Il...
Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)
...sa figure. C'était la fin ; son coeur était amolli et redevenu lui-même. Aujourd'hui, cela n'avait pas été bien long. Il sentait un attendrissement infini en songeant à sa mère, et une envie de pleurer ; quelque chose comme une larme vint même dans ses yeux, qui étaient durs pourtant à cette faiblesse-là... peut-être serait-on encore un peu indulgent pour lui à cause de sa bonne conduite à bord,...
Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)
...de poupée, imités en extrême miniature de ces faïences à fleurs qu'ont les bonnes gens dans les villages. Elle se pencha sur mon lit pour m'embrasser, et alors je n'eus plus envie de rien, ni de pleurer, ni de me lever, ni de sortir ; elle était là, et cela me suffisait ; je me sentais entièrement consolé, tranquillisé, changé, par sa bienfaisante présence... je devais avoir un peu plus de trois...
Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)
...où ma grand'mère chantait, je me retrouvai, comme devant, un tout petit être n'ayant encore rien vu du vaste monde, ayant peur sans savoir de quoi, et ne comprenant même plus bien comment l'envie de pleurer lui était venue. Depuis, j'ai souvent remarqué du reste que des barbouillages rudimentaires tracés par des enfants, des tableaux aux couleurs fausses et froides, peuvent impressionner beaucoup plus...
Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)
...son expression de confiance résignée, après la prière ; mais un changement que je n'avais pas prévu se fit tout à coup dans ses traits ; malgré elle, les larmes venaient ; et je n'avais jamais vu pleurer ma mère, et cela me fit une peine affreuse. Pendant les premiers jours qui suivirent, je conservai le sentiment triste du vide qu'il avait laissé ; j'allais de temps en temps regarder sa chambre, et...
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